L'AUTEUR

 

Ancien journaliste, Marc Mangin parcourt le monde depuis le début des années quatre-vingts. Il est connu pour ses ouvrages consacrés à l'histoire des Philippines et à l'économie chinoise, deux pays qu'il affectionne particulièrement.
Ses nombreux voyages lui ont inspiré une série de chroniques que Sipayat publie depuis 2009. Après Tu m'as conquis tchador (Iran) et La Voie du Bœuf (Inde), Au sud de la frontière (Corée) est son dixième ouvrage.

Biographie + bibliographie
L'OUVRAGE

 

Deux saisons de l'autre côté du globe, l'automne
et le printemps au pays des aubes fraîches. Deux saisons en Corée, un printemps d'azalées et de glycines et un automne de frênes et d'érables qui nous la rendent étonnamment familière alors que l'hiver de neige sibérienne et l'été d'humidité chaude de rizière nous en séparent. Pendant ces deux saisons, un voyageur arpente le sud de la frontière, ce 38e parallèle de sinistre mémoire. Un voyageur marche, photographie et écrit le long des deux cent cinquante kilomètres de la DMZ, la zone démilitarisée séparant la péninsule coréenne en deux pays radicalement différents. Le Nord pauvre et sa dynastie Rouge aux gesticulations militaro-atomiques et le Sud de plus en plus riche quoique inégal dont le système libéral extrêmement réactif vient tailler des croupières aux économies japonaise et occidentales. Mais marcher dans un pays aux cartes et aux guides imprécis, s'y déplacer, y vivre et se nourrir sans en connaître la langue, regarder autour de soi à la recherche d'une image qui soit une construction artistique et non un souvenir de voyage implique un regard particulier. Autant la photographie de Marc Mangin procède d'une pratique sans cesse affinée à la recherche d'une forme de perfection et de beauté à mille lieues d'une certaine photographie contemporaine évacuant toute grâce, autant son écriture relève de la spontanéité et se réclame de voyageurs comme Kerouac ou Kenneth White. Avec lui, nous escaladons les montagnes, flânons au bord des rivières, entrons dans les temples. Nous croisons le moine qui dessine le voyageur, le maître de thé, et celui de Soo Bahk Do, le fisherman, le sculpteur de changsung, la calligraphe et tous ceux qui ont partagé plus qu'un salut avec l'étranger. Et la question court le long de l'ouvrage : « Qu'est-ce que le voyage quand il n'est pas touristique ? » avec son corollaire «De quelle empreinte l'histoire du voyageur marque-t-elle sa trajectoire ? » .
D'un livre à l'autre le style s'affirme et s'apaise. Les allusions aux malheurs passés s'estompent au profit d'une ouverture à l'autre dans sa radicale égalité. Loin d'être un parti pris intellectuel, conséquence d'un engagement politique, cette égalité vivante n'est pas exempte de jugements ni d'exigences. Sans cette compassion qui serait encore la manifestation hypocrite d'une soi-disant supériorité, elle se décline sur le mode « seuls nos amis nous disent que nous avons mauvaise haleine, les autres nous laissent sentir mauvais » avec ce que cela implique d'honnêteté politiquement incorrecte. Autant, dans sa photographie Marc Mangin évacue du cadre ce qui en dérangerait l'harmonie humaniste, autant dans son écriture il dit ce qu'il voit du monde sans lisser son propos. Il se dégage de ce texte une singularité qui permet la découverte et la réflexion, la surprise et l'interrogation pour peu que le voyage qui intéresse le lecteur soit la remise en cause des clichés plutôt que la confirmation de poncifs véhiculés en grand nombre, l'expérience partagée plutôt que le cours de culture générale. Une telle voix est rare.

Anne Fourreau

 

Edition

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