LES AUTEURS

 

Florence LHOTE, docteure en langues et littérature de l’Université Libre de Bruxelles, est Chercheuse-associée à l’Université Paris Diderot et à l’Université Picardie Jules Verne. Elle s’est intéressée à la notion de distance dans le traitement par la fiction de l’événement historique pour « la seconde génération » de la guerre d’Algérie ainsi qu’au témoignage. Elle travaille toujours cette question de l’événement dans la perspective des études de genre, en s’interrogeant sur l’historicisation des récits du VIH/Sida portés par des femmes. Elle est actuellement en poste à l’Université de Bretagne Sud.


Nicolas BALUTET
est Professeur des Universités à l’Université Polytechnique Hauts-de-France (Valenciennes) et membre du Laboratoire CRISS. Spécialiste de littérature et de civilisation hispano-américaines, il est l’auteur et le coordinateur d’une quinzaine d’ouvrages et de numéros de revues, parmi lesquels Écrire le sida (Lyon, Jacques André Éditeur, 2010), Poética de la hibridez en la literatura mexicana posmodernista (Madrid, Pliegos, 2015), Figures de l’outsider en Amérique hispanique (Paris, L’Harmattan, 2019), « Lo trans- y la ficción hispanoamericana contemporánea » (Revue Babel. Littératures plurielles, Toulon, 2018, avec José García-Romeu) et « Littératures et arts contemporains : l’hybridité à l’œuvre » (Revue Babel. Littératures plurielles, Toulon, 2016, avec Alice Pantel et Belén Hernández Marzal).

 

L'OUVRAGE

 

Les « années-Sida » décrivent ce moment charnière, à partir de la découverte du virus en 1981, où le soupçon et le jugement moral deviennent emprises, moyen de contrôler l’individuel à des fins collectives, où l’intime devient politique. Les morts s’enchaînent et frappent tous les âges, ingrates. Les autorités sanitaires tardent à se saisir du problème. De nouveaux engagements militants vont naître de ces carences d’État.
Que reste-t-il de ces années-là ? Que savons-nous de l’épidémie du Sida aujourd’hui ? Comment prendre en charge ce récit ? Doit-on en avoir été témoin, s’être engagé dans ces nouvelles formes d’activisme collectif pour les saisir ? Cet ouvrage interroge l’écriture de cette histoire à distance, une écriture qui vient de débuter et qui est surtout le lieu d’une « épidémie de la représentation » pour Élisabeth Lebovici. Au sein de cette multitude de représentations du virus, cet ouvrage prend le parti de plonger dans les voix féminines. Longtemps invisibilisées, il retrace la lente éclosion d’une parole rendant justice aux solidarités militantes que l’épidémie a vu naître.
Nicolas Balutet, auteur d’Écrire le Sida, reconstitue le fil de cette histoire. Il dresse aussi un panorama des recherches en cours sur le sujet. Renaud Chantraine et Bérénice Mauguil-Bellucci se saisissent des « trajectoires féministes » en proposant une réflexion autour des « analyses culturelles situées de l’épidémie du Sida » dans une perspective anthropologique et muséographique. Eva Feole, Florence Lhote et Thomas Ayouti travaillent les représentations littéraires du Sida au travers de fictions de trois autrices contemporaines : Nina Bouraoui, Sarah Barukh et Catherine Mavrikakis. Du « point de vue lesbien » développé dans le roman La Vie heureuse de Nina Bouraoui à Deuils cannibales et mélancoliques de Catherine Mavrikakis en passant par la forme du thriller médical pour Le Cas Zéro de Sarah Barukh, ces études inédites, complétées par la réflexion thérapeutique d’Isabelle Sentis sur récits au féminin et « stratégies actuelles de soin », mettent au jour un pan de la recherche encore inexploré. Ce livre en pose les premiers jalons.
Car au travers des carences de la parole d’État peut aussi se faire jour une police de la pensée de l’épidémie, une « gentrification des esprits » selon Sarah Schulman. L’histoire narrée est-elle fidèle aux engagements d’alors ? Ce livre choisit volontairement, pour y répondre, une perspective transdisciplinaire : littérature, histoire des arts, anthropologie, muséologie et art-thérapie.
Cette histoire étant en cours d’écriture, s’interroger sur ce récit collectif et ses traces relève alors de notre patrimoine commun.

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